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Appel : Pour un nouveau projet breton, social et écologique.

Crise de l’eau et affaissement de la biodiversité, soulignant la nécessité d’une refondation du modèle de développement breton, proportionné à nos ressources naturelles ; crise sociale, remettant en cause l’accès au logement et à l’offre de soins dans nombre de nos territoires ; crise européenne, avec la guerre du Kremlin contre l’Ukraine, qui rappelle la fragilité d’une économie bretonne très dépendante des chaînes de valeur globalisées ; crise démocratique, se traduisant par une montée de l’extrême droite et un scepticisme croissant vis-à-vis du jeu électoral :

La société bretonne est aujourd’hui en difficulté et doit forger ses propres réponses, courageuses, face à ces défis globaux et régionaux.

En France, l’impuissance des pouvoirs en place à répondre à ces défis majeurs est manifeste. Pourtant, dans ce contexte anxiogène, la première responsabilité serait de tracer un cap, d’unir la société autour d’un projet partagé. Emmanuel Macron a délibérément choisi de ne pas présenter de projet, tant à la présidentielle qu’aux législatives, préférant incarner un « président de crises » qui met le cap vent arrière, pour encaisser les tempêtes, mais sans nous indiquer quelle sera la destination d’un navire manœuvrant au gré des bourrasques.

De fait, l’espace est grand pour une offre de gauche audacieuse, de terrain, et réaliste. Une offre proposant justement une perspective claire et crédible pour répondre à l’ensemble des défis et des attentes des citoyens.

La création de la NUPES, répondant à un réel désir d’union des gauches sociales et écologistes, a créé une première dynamique qui s’est traduite par un certain succès aux législatives. Aujourd’hui, la capacité des différents groupes de gauche à exister, à s’exprimer et à peser sur l’écriture des lois, dans un contexte de majorité macroniste relative, est un des enjeux de la séquence qui s’ouvre, devant une population qui leur enjoint d’être dans un registre de construction de solutions.

Mais la dynamique de la NUPES a aussi marqué des limites.

Sur la forme tout d’abord. Le choix, dans de pures logiques d’appareils parisiens, de la nomination de candidats peu ancrés sur les territoires, choisis par rapport à leur étiquette politique, a coûté. Sur les départements bretons, c’est au moins une dizaine de circonscriptions qui auraient probablement basculé à gauche, si des candidats reconnus avaient été choisis. Il s’agit aussi de se dégager d’un style trop facilement enclin aux raccourcis et aux provocations, qui éloigne de la gauche des électorats soucieux de la crédibilité du projet porté.

Sur le fond ensuite. Des désaccords importants subsistent sur des sujets essentiels, qui sont le socle de nos valeurs et engagements. Par exemple, le renforcement de l’Union européenne, nécessaire espace démocratique de coopération face aux crises mondiales et de régulation du capitalisme financier ; la consolidation de la démocratie locale, qui passe par l’autonomie des territoires et un renforcement des capacités d’action des collectivités.

A l’inverse, et sans ambiguïté, une offre qui se construirait autour de la nostalgie de quinquennats passés, sans opérer le saut d’échelle, intellectuel et politique, que requièrent les défis actuels, n’apporterait aucune perspective.

Ainsi, nous sommes convaincus, sans remettre en cause l’intérêt des dynamiques de rassemblement entre organisations, de l’importance d’explorer la possibilité d’une offre « sociale-écologiste » arrimée à un travail politique de fond. Une offre fédérant, individuellement, toutes celles et ceux, quel qu’ait été leur itinéraire, qui souhaitent porter un projet de transformation écologique et sociale qui réconcilie activités humaines et vie des écosystèmes. Une offre défendant une profonde redistribution et l’équité fiscale. Une offre s’inscrivant dans une logique de renforcement de l’Union européenne et de son pouvoir d’agir, notamment dans la régulation de l’économie de marché.

Au-delà de l’intuition, largement partagée, de l’existence de cet espace politique, et des attentes autour de sa concrétisation, il s’agit maintenant de s’assurer que ces convergences existent, amenant à des réponses communes sur des dossiers concrets et incontournables.

Dans une année marquée par les congrès de plusieurs organisations politiques, temps souvent plus d’affirmation partidaire que de dépassement, nous ne croyons pas qu’une dynamique se lancera « par le haut ».

De plus, la durabilité d’un tel processus nécessite son ancrage dans les territoires, là où les acteurs se connaissent et travaillent déjà souvent ensemble. Il nous faut donc prendre l’initiative dans nos régions !

L’association politique Ensemble sur nos Territoires s’est créée autour de cette volonté de rassemblement. En Bretagne, où elle est le plus implantée, elle a démontré, d’Erdeven à Lorient, sa capacité à susciter des échanges de fond entre des personnes aux itinéraires différents mais au socle de valeurs communes.

Aussi, nous proposons aujourd’hui de franchir une nouvelle étape, en engageant un vaste débat sur les évolutions à défendre à l’échelle nationale et européenne, ainsi que sur les communs à préserver et les politiques publiques à mener concernant les principaux dossiers qui engagent l’avenir de la Bretagne : ré-aiguillage du modèle agricole et agroalimentaire, compétences institutionnelles et pouvoirs normatifs, politique climatique et énergétique, équilibre du territoire, accès au logement et à la mobilité, préservation de l’environnement, reconquête des langues de Bretagne, droit à la santé et réponse aux déserts médicaux …

Nous sommes convaincus que la Bretagne peut être un laboratoire des nécessaires et urgentes transformations sociales et écologiques !

Nourrie des travaux déjà menés lors de la journée de réflexion qui s’est tenue à Lorient en août 2020, l’année de débats que nous vous proposons, ouverte à toutes et tous à titre individuel, membres ou non d’Ensemble sur nos Territoires, doit déboucher sur un projet socle. Projet qui sera décliné en propositions de politiques publiques efficientes, correspondant aux compétences des différents échelons d’action publique et s’appuyant sur notre connaissance des réalités territoriales, des villes petites et grandes comme du monde rural. Ensemble sur nos Territoires prendra la responsabilité de la synthèse finale, qui ne sera pas une « négociation » entre partis en sous-groupes, mais bien un projet clair et dimensionné à partir des objectifs que nous nous devons d’atteindre dans les dix prochaines années.

Nous vous donnons rendez-vous à Questembert, le samedi 10 décembre 2022, pour lancer le processus et pour définir ensemble les priorités, la méthode et les groupes de travail.

 

Signataires

  • ASLANGUL Olivier, Militant (Finistère)
  • BIGOUIN Yannik, Conseiller municipal délégué de Plouguerneau (Finistère)
  • BOUIN Edouard, Conseiller municipal de Lorient, Directeur général d’Agir pour le Climat (Morbihan)
  • BUET Bénédicte, Citoyenne (Finistère)
  • CIVEL Danièle, Vice-présidente du RCP (Morbihan)
  • CROGUENNEC Nicolas, Conseiller municipal de Le Faou (Finistère)
  • DANTEC Ronan, Sénateur, Conseiller municipal de Nantes (Loire-Atlantique)
  • DAVID Bernard, Agronome, Sainte-Brigitte (Morbihan)
  • FERET Samuel, Maire d’Arzal, Vice-président d’Arc Sud Bretagne (Morbihan)
  • GONELLA Barthélémy, Conseiller départemental (Finistère)
  • GOUEZ Aziliz, Conseillère régionale de Bretagne, Vice-présidente de Nantes Métropole (Morbihan / Loire-Atlantique)
  • GOURLAY Florence, Conseillère municipale de Lorient, Maître de conférences en Géographie (Morbihan)
  • LABBE Joël, Sénateur (Morbihan)
  • LARDIC Florent Yann, Nantes (Loire-Atlantique)
  • LE BOTERFF Marie, Conseillère départementale (Morbihan)
  • LEBRETON Claudy, Ancien président du Conseil général (Côtes-d’Armor)
  • LEFEUVRE Sylvain, Adjoint au Maire de Nort-sur-Erdre, Vice-président d’Erdre et Gesvre (Loire-Atlantique)
  • LEMAIRE Boris, Conseiller départemental, Maire de Questembert (Morbihan)
  • LESCOFFIT Florence, Conseillère municipale de Ploemel (Morbihan)
  • LE SQUER Stéphanie, Conseillère municipale de Plouhinec (Morbihan)
  • LOUAIL René, Ancien conseiller régional (Côtes-d’Armor)
  • MARECHAL Gilles, Chercheur, Rennes (Ille-et-Vilaine)
  • MERCIER Loïck, Sulniac (Morbihan)
  • MEZIERE Aurélie, Maire de Plessé (Loire-Atlantique)
  • MORICEAU Janick, Conseillère municipale de Pont-l’Abbé, Ex Vice-présidente du Conseil régional de Bretagne (Finistère)
  • MULLER Sarah, Adjointe au Maire de Concoret (Morbihan)
  • NAUD Claude, Maire de Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique)
  • PICARD Maxime, Vice-Président de Questembert Communauté, Adjoint au Maire de Questembert (Morbihan)
  • PRUNET Florence, Maire de Val d’Oust (Morbihan)
  • RASSENEUR Emmanuelle, Première Vice-présidente du Haut Pays Bigouden, Maire de Gourlizon (Finistère)
  • RAUX Jean-Claude, Député (Loire-Atlantique)
  • RONARC’H Philippe, Maire de Pouldreuzic, Président d’AVEL (Finistère)
  • TABART Valérie, Conseillère régionale de Bretagne, Conseillère municipale de Laurenan (Côtes d’Armor)
  • TILLOY Jean-Michel, Retraité (Morbihan)

 

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